CLAMOR – La lettre d’info n°20

——————————————————————————

La lettre d’information n°20 – Mars 2018

——————————————————————————

Les Archives nationales ont présenté l’an dernier, du 30 novembre 2016 au 27 mars 2017, à l’Hôtel de Soubise la remarquable exposition « Présumées coupables » qui mettait en perspective le thème du crime au féminin, objet de multiples fantasmes véhiculés depuis toujours par les mythes, la religion, l’iconographie, la littérature, le cinéma, etc. Les visiteurs étaient mis au contact de centaine de pièces de procédure qui leur donnaient une autre vision de cette criminalité et, plus généralement, de la place accordée à la femme dans les sociétés européennes, sur plus de cinq siècles d’histoire à travers cinq archétypes féminins : la sorcière, l’empoisonneuse, l’infanticide, la pétroleuse et la traîtresse. Grâce à un partenariat avec le CLAMOR, la version numérique de cette exposition a été mise en ligne sur Criminocorpus le 8 mars dernier, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. Ce portage en ligne s’inscrit dans le cadre d’un partenariat documentaire particulièrement riche engagé dès la création de l’UMS avec les Archives nationales. Les collaborations nouées grâce à ce partenariat nous permettent, outre la mise en ligne des expositions réalisées par les Archives nationales, de développer différents projets au cœur du musée numérique, notamment autour de HUGO, l’inventaire patrimonial des lieux de jugement et d’exécution des peines. Nous reviendrons dans les prochaines Lettres d’information sur ce projet auquel nous vous proposons de collaborer.
Nous vous souhaitons une bonne lecture et de belles découvertes !

La rédaction.

Lire la lettre d’information.

Présumées coupables du 14ème au 20ème siècle

affiche-ANRéalisée par les Archives nationales et présentée à l’hôtel de Soubise du 30 novembre 2016 au 27 mars 2017, la magistrale exposition « Présumées coupables du 14ème au 20ème siècle » est désormais disponible dans le musée Criminocorpus.

 

Pour la première fois sont exposés près de 320 procès-verbaux d’interrogatoires, sélectionnés dans la masse des archives judiciaires, de femmes jugées pour des crimes dits « féminins ».

Intégralement accessibles en ligne, ces pièces sont accompagnées chacune de la transcription d’un extrait.

Présentation de l’exposition :

Détail. La sorcière. Albrecht Dürer (XVIè s.). BNF

Restituer les voix de femmes jugées pour des crimes féminins, telle est l’ambition de cette exposition.
Existe-t-il un crime au féminin ? Les femmes représentent entre 5 et 10 % de la population pénale, selon une proportion qui a peu varié de la fin du Moyen Âge à nos jours.

Durant des siècles cependant, pour certaines qualifications pénales, elles ont été surreprésentées par rapport aux hommes, qu’il s’agisse de la sorcière en Europe aux XVI-XVIIe siècles, de l’empoisonneuse, de l’infanticide, de l’incendiaire de la Commune de Paris – la pétroleuse – et, enfin, de la traîtresse, incarnée le plus souvent par la femme tondue lors de la Libération.
Quand elles ont comparu devant les magistrats qui les ont interrogées, ces derniers qui furent longtemps des hommes, se sont posé bien sûr cette question essentielle : ces femmes sont-elles coupables ? Mais cette éventuelle culpabilité n’a pas cessé de faire l’objet de questions plus intrusives, intimes et subtiles. L’intimité de leur vie affective et les formes de leur sexualité donnaient lieu à des questions qu’on ne posait pas, a priori, aux hommes.
D’où le titre de cette exposition, volontairement ambigu, Présumées coupables. Et nous verrons que de très nombreux stéréotypes nourrissent un imaginaire en décalage avec la réalité du crime et qu’ils s’appliquent à des femmes « normales », jugées pour des crimes dits féminins.

Accéder à l’exposition.

Cette exposition a été mise en ligne par Marc Renneville, Jean-Lucien Sanchez et Delphine Usal

Saint-Martin-de-Ré, prison politique. Armand Belvisi, détenu photographe

Collection Armand Belvisi
Retour de la projection du film “L’œil du monocle” dans la salle de cinéma qui servait également aux concerts et représentations théâtrales. Photographie : Armand Belvisi

Détenu politique pendant six longues années (1963-1968)  à la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré, Armand Belvisi a bénéficié d’un régime de détention qui lui a permis de réaliser des milliers de clichés photographiques, tant à l’intérieur des cellules que dans les cours, les circulations et lors d’événements organisés par les détenus. Cette collection privée et partiellement inédite a fait l’objet d’une première présentation en 2014 sur Criminocorpus par Jean-Claude Vimont.

En 2015, un protocole d’accord a été signé entre M. Belvisi et Criminocorpus afin que les clichés numérisés de sa collection puissent être conservés, mis en ligne et décrits dans le cadre d’une collection dédiée de la bibliothèque Criminocorpus. Jean-Claude Vimont a opéré une sélection de ces clichés, il a établi un glossaire des principaux noms. Le montage et l’identification des vues est en cours.

Une exposition photographique a été réalisée en février 2016 à la Maison de l’Université de Rouen.