Histoire de la justice et patrimoine judiciaire. Séminaire EHESS (2019-2020)

séminaire histoire justice renneville Le séminaire interroge l’histoire de la justice et ses formes de patrimonialisation. L’histoire de la justice est abordée par la fabrique de la conviction judiciaire pour saisir le processus aboutissant à une décision de justice, que celle-ci soit consensuelle ou contestée par les lectures médiatiques ou littéraires. La réflexion est menée à partir d’affaires judiciaires des XIXe-XXe siècles en France. Le deuxième axe questionne la notion de patrimoine judiciaire, son extension (matériel, immatériel) et ses recoupements avec d’autres domaines (patrimoine scientifique, patrimoine numérique). On s’intéresse ici aux savoirs, aux pratiques et aux mémoires des lieux de justice, aux modalités de leur valorisation (accès public, muséographie, documentaire, dispositifs numériques) et aux usages sociaux de ce patrimoine sombre.

Responsable : Marc Renneville (centre A. Koyré UMR 8560, Clamor UMS 3726)

Horaires : 2e et 4e lundis du mois de 15 h à 17 h, du 14 octobre 2019 au 8 juin 2020

Lieu : EHESS, salle 6, 105 bd Raspail 75006 Paris

Dates des séances 2019-2020 : Lundi 14 octobre 2019, 25 novembre, 9 décembre, 13 janvier 2020, 27 janvier 2020, 10 février, 9 mars, 23 mars, 27 avril, 11 mai, 25 mai et 8 juin.

Renseignements complémentaires sur le site de l’EHESS

Exposition : Histoire du droit pénal au Japon (18ème – Début 20ème siècle)

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Hikimawashiedo
Parcours hikimawashiedo Ezu (1849) BN du Japon. Ligne rouge tracée par Maki Fukuda

Si le Japon est considéré aujourd’hui comme le pays « transcendant le clivage Orient-Occident », l’occidentalisation de ce pays d’extrême orient n’a débuté qu’avec l’ère Meiji, vers 1868. C’est à cette époque que s’achève l’ère Edo (1603-1867) – le shôgunat – dont le pouvoir est incarné par les samouraïs (chefs des guerriers). Le pouvoir est alors restitué à l’Empereur qui établit un nouveau gouvernement moderne et le dote d’institutions prenant exemple sur les pays d’Occident. Cette transition appelée la « Restauration de Meiji » est considérée par les Japonais comme un grand événement, équivalent à la Révolution française. C’est la raison pour laquelle l’époque avant Meiji est aussi appelée, l’« Ancien Régime » japonais.

Afin de reformer l’État, les acteurs du nouveau mouvement de Meiji font appel à des savants étrangers. Dans le domaine de la législation, Gustave Boissonade, professeur agrégé en droit de l’Université de Paris, ainsi que d’autres juristes, se rendent sur place et collaborent avec le pouvoir en place. Gustave Boissonnade est ainsi à l’origine de la rédaction du premier code pénal du Japon. Pourtant, durant l’« Ancien Régime » (de 1639 jusqu’en 1853),  le Japon avait exclu presque tous contacts avec les pays occidentaux afin de se préserver du christianisme, n’autorisant des échanges qu’avec de rares pays comme la Chine, la Corée et les Pays-Bas, qui n’avaient aucune intention d’exporter leur religion.

Au XVIIIe siècle en France, le Japon est ce «  pays derrière le rideau mystérieux » qui semble très étrange : c’est cette représentation qui est évoquée notamment dans De l’Esprit des lois (1748) de Montesquieu. Mais de nos jours, plusieurs travaux récents sur l’histoire du droit pénal au Japon analysent cette époque dans un cadre foucaldien, c’est-à-dire, de l’« éclat de supplice » à la « surveillance ».[3].

Dans cette exposition, nous présenterons l’histoire du droit pénal au Japon depuis le XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle, c’est-à-dire depuis le règne des Tokugawa jusqu’à l’établissement du droit pénal moderne.

Mise en ligne : Jean-Lucien Sanchez.
Projet terminé.