Colloque : Les complaintes criminelles en France après 1870 : inventaire, problématisation, valorisation d’un corpus méconnu (2/3 avril 2019, Archives nationales, BnF, Paris)

Trois générations marquent l’historiographie récente des canards criminels. Jean-Pierre Seguin, le pionnier, les a tirés de l’ombre au tournant des années 1960, puis, dans les années 1980, en particulier en Bretagne, la recherche sur les « chansons sur feuilles volantes » a connu un grand succès. Enfin, la mise en ligne récente de la base de données « Complaintes criminelles 1870-1940 » sur le site Criminocorpus ouvre un nouveau chantier visant à interroger les derniers soubresauts de cette forme, des débuts de la IIIe République à la Seconde Guerre mondiale. Le propos de ce colloque est de poser les jalons d’une nouvelle approche pluridisciplinaire des complaintes criminelles, qui peuvent être considérées comme des sources auxiliaires à l’histoire des délits et des peines, des pratiques populaires de paralittérature, des médias « alternatifs » avant l’heure ou encore des témoins des goûts musicaux populaires.

Mardi 2 avril 2019
Archives Nationales (site Pierrefitte-sur-Seine)
Grand amphithéâtre

10h – Accueil – Introduction

Faits divers chantés
Présidente de séance : Anne-Emmanuelle DEMARTINI

10h20 – Marc RENNEVILLE
Des complaintes à l’image du crime ? L’Affaire Vacher (1897-1898)
10h45 Frédéric CHAUVAUD
L’affaire aux 17 complaintes. Le crime d’Henri Pranzini (1887)
11h10 – Sophie VICTORIEN / Pierre GUILLARD
L’affaire Redureau, Le crime de Bas-Briacé
11h35 – Discussions
12h00 – Repas

Complaintes ou chansons ?
Présidente de séance : Éva GUILLOREL

13h30 – Philippe ORIOL
L’Affaire en chansons
13h55 – Jean-Yves MOLLIER
Pleurer les victimes de Panama ou subvertir les institutions
14h20 – Discussions
14h45 – Pause

Écrire des complaintes

15h00 – Claude RIBOUILLAULT
Oralité écrite, littérale ou littéraire ?
15h25 – Nils COUTURIER
« Artiste et assassin » : Jules Laforgue et la complainte criminelle
15h50 – Xavier VIDAL
Complaintes criminelles francophones recueillies en territoire occitan
16h15 – Discussions

Mercredi 3 avril 2019
Bibliothèque Nationale de France Site François-Mitterrand
Petit auditorium

Canards, édition & collections
Présidente de séance : Marlène BELLY

10h – J.F. «Maxou» HEINTZEN
Essai de typologie canardière
10h25 – Philippe NIETO
Le son et l’image
10h50 – Joann ÉLART
Quelques canards et complaintes imprimés à Rouen entre la Révolution et l’Empire
11h15 – Agnès SANDRAS
Pour une « archéologie » comparée des chansons sur les parricides et les infanticides
11h40 – Olivier JUSTAFRÉ
Complaintes criminelles, le cas Bazouge
12h05 – Discussions
12h30 – Repas

Chanter les complaintes
Président de séance : Dominique KALIFA

14h15 – Sophie-Anne LETERRIER
L’air de Fualdès
14h40 – Philippe DARRIULAT
Chanter le crime à l’heure de l’invention des cafés-concerts parisiens sous le Second Empire
15h05 – Pause
15h20 – Marie GOUPIL-LUCAS-FONTAINE
La Complainte de la scène : de la complainte des rues à la chanson réaliste. Héritages, transferts, singularités (1880-1940)
15h45 – Una McILVENNA
Chanter les complaintes criminelles à travers l’Europe
16h10 – Discussions

Durant les deux journées du colloque, au gré des intervenants, des complaintes criminelles seront interprétées – partiellement ou in-extenso – par Catherine Perrier, Roland Brou, Patrick Couton et J.F. «Maxou» Heintzen.

Lieux du colloque :
Mardi 2 avril 2019, le colloque se tiendra aux Archives nationales de France
59 Rue Guynemer, 93383 Pierrefitte-sur-Seine
Grand auditorium
Métro : Saint-Denis Université (Ligne 13)

Mercredi 3 avril 2019, le colloque se tiendra à la
Bibliothèque Nationale de France
Site François-Mitterrand. Quai François Mauriac. Paris 13e.
Petit auditorium
Métro : quai de France (ligne 6) ou Bibliothèque nationale de France (ligne 14)

Entrée libre mais inscription nécessaire auprès de
clamor@criminocorpus.org

Organisateurs : Jean-François «Maxou» HEINTZEN, Sophie VICTORIEN

Comité scientifique : Olivier BELIN (université de Cergy-Pontoise), Romain BENINI (université Paris-Sorbonne), Olivier BOSC (université de Cergy-Pontoise), Jean-Claude FARCY (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice), Jean-François Maxou HEINTZEN (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice), Sophie-Anne LETERRIER (université d’Artois), Gaetano MANFREDONIA (Bibliothèque de Corrèze), Jean-Yves MOLLIER (université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), John MULLEN (université de Rouen), Philippe NIETO (Archives nationales de France), Philippe ORIOL (Cesacom), Anne PASQUIGNON (BnF), Marc RENNEVILLE (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice), Sophie VICTORIEN (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)

Ce colloque est organisé par le CLAMOR, en partenariat avec
les Archives nationales de France  et la Bibliothèque nationale de France.
Il a reçu le label 80 ans du CNRS.

CLAMOR – La lettre d’info n°27

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La lettre d’information n°27 – Février 2019

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Nous sommes heureux de vous faire part de nos dernières publications.

Nous vous souhaitons une bonne lecture !

La rédaction.

Lire la lettre du mois de février 2019.

CLAMOR – La lettre d’info n°24

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La lettre d’information n°24 – Octobre 2018

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Le mois d’octobre a été marqué pour l’équipe du CLAMOR par l’organisation de notre deuxième journée d’étude qui proposait pour cette année des « regards croisés sur le patrimoine judiciaire ». Cette journée a permis de faire le point sur les travaux en cours.
Notre outil collaboratif HUGO est désormais bien lancé avec plus de 370 lieux de justice géolocalisés. Nous ne demandons qu’à ouvrir de nouveaux lieux, comme la récente fiche sur Gurs, qui fut un camp d’internement. N’hésitez donc pas à prendre contact avec l’équipe pour envoyer vos informations.

La journée du 4 octobre s’est poursuivie en début de soirée avec la Nuit du droit dans le grand hall de la maison de sciences de l’homme à Paris. Cette manifestation a permis aux personnels et aux visiteurs de découvrir une exposition sur l’histoire de la justice, et sur l’histoire du site qui compte 150 années d’histoire judiciaire et pénitentiaire. Nos remerciements vont tout particulièrement à Jean-François « Maxou » Heintzen pour l’interprétation des complaintes, à Jacky Tronel pour l’histoire du site et à Philippe Oriol pour son intervention sur la détention du capitaine Dreyfus à la prison du Cherche-Midi.
Nous avons le grand plaisir d’accueillir ce mois-ci dans la revue la première tranche des actes d’un très beau colloque international qui avait mêlé musicologie et concerts. L’événement avait résonné à Rouen et bien au-delà. La première partie des interventions de « Rock et violences en Europe (1955-1990) » est désormais en ligne. D’autres articles suivront en novembre.

Enfin, n’oubliez pas de découvrir sur le blog nos « Portrait-du-jour » !

Bonne lecture !

La rédaction.

Lire la lettre du mois d’octobre

Colloque : Les complaintes criminelles en France après 1870 : inventaire, problématisation, valorisation d’un corpus méconnu

Appel à communication pour le colloque : Les complaintes criminelles en France après 1870 : inventaire, problématisation, valorisation d’un corpus méconnu
(2-3 avril 2019, Archives nationales, BnF, Paris)

La complainte criminelle – au sens strict du terme, un texte chanté narrant dans un but informatif et/ou édifiant les détails d’un authentique fait divers criminel – s’inscrit dans une histoire longue, depuis les occasionnels du XVIe siècle, jusqu’aux « Canards sanglants » du premier XIXe siècle. Autrefois tiré de l’oubli par des collectionneurs, ou des érudits, ce type d’éphémère est l’objet d’une attention par trop occasionnelle.

Trois générations marquent l’historiographie récente des canards criminels. Jean-Pierre Seguin, le pionnier, les a tirés de l’ombre au tournant des années 1960, puis, dans les années 1980, en particulier en Bretagne, la recherche sur les « chansons sur feuilles volantes » a connu un grand succès. Enfin, la mise en ligne récente de la base de données « Complaintes criminelles 1870-1940 » sur le site Criminocorpus ouvre un nouveau chantier visant à interroger les derniers soubresauts de cette forme, des débuts de la IIIe République à la Seconde Guerre mondiale.

Le propos de ce colloque est de poser les jalons d’une nouvelle approche pluridisciplinaire des complaintes criminelles,  qui peuvent être considérées comme des sources auxiliaires à l’histoire des délits et des peines, des pratiques populaires de paralittérature, des médias « alternatifs » avant l’heure ou encore des témoins des goûts musicaux populaires.

Les contributions pourront s’inscrire dans les axes thématiques et les questionnements suivants :

1) La définition du corpus
Il s’agit d’interroger la définition de la complainte criminelle donnée supra, d’aller au-delà du crime au sens pénal du terme, et de l’étendre à tout texte chanté traitant d’un évènement « criminalisé », i.e. perçu comme tel ? Pensons à certaines catastrophes industrielles, aux scandales politico-financiers, ou l’expression du militantisme, en particulier anarchiste.

2) L’inventaire des « canards » conservés dans les collections publiques
Entre archives et bibliothèques, le classement, le catalogage, l’indexation des éphémères est multiple. Réunis en recueils factices ici, disséminés dans des fonds d’érudits là, rattachés ou non aux fonds musicaux ailleurs, leur traque est un travail de longue haleine. Quelle logique a guidé leur classement ? Comment rendre plus aisée la recherche des « canards » et les valoriser ?

3) La singularité médiatique des complaintes
La forme chantée inscrit ce matériau dans une sociabilité musicale et des circulations de répertoires, de l’édition au for privé, des feuilles volantes aux cahiers de chansons. La complainte, de ce fait, suit les goûts populaires. Ses mutations, qu’elles soient formelles ou musicales n’illustrent-elles pas les avatars des répertoires appréciés, consommés ou pratiqués, de la rue au caf’conc’ ? Deux approches mériteraient d’être valorisées : L’étude musicologique du répertoire (L’occurrence des timbres choisis, l’évolution formelle des complaintes, etc.) et la pratique effective du chant des complaintes, hier et aujourd’hui.

4) Les liens de la complainte à l’image
Parmi tous les codes sémantiques utilisés par le canard, véritable média préfigurant l’audio-visuel, l’iconographie complète, paraphrase, illustre la complainte. Du bois gravé au cliché typographique jusqu’à la photographie, l’image, par sa créativité ou son réemploi n’est-elle pas une clé pour apprécier la réception d’un chant quasi indissociable d’un visuel ?

5) Les aspects linguistiques et littéraires de la complainte
La nature de la langue employée est relativement ambiguë. Le corpus n’est pas homogène : il réunit des chansonniers parisiens maniant le double sens, les textes à clefs, ou un humour vachard, avec des chanteurs ambulants à la syntaxe approximative, au style parlé, tentant maladroitement de s’approprier des codes d’écriture parfois un peu sophistiqués pour eux. Il serait intéressant également de se pencher sur l’usage des langues régionales et du patois dans les complaintes criminelles afin d’en mesure l’importance, l’usage et l’appropriation à une échelle plus locale.

6) L’approche éditoriale des complaintes
Le manque de détails éditoriaux sur les complaintes criminelles. Quels en sont les auteurs ? Qui les édite ? À quelle date ? Qui les vend ? Comment s’organise la production et la diffusion d’un média qui échappe régulièrement au dépôt légal ?

7) La dimension internationale de la complainte criminelle
Un peu partout à travers le monde, du Brésil à l’Inde, ce répertoire est attesté, jusqu’à posséder encore aujourd’hui une réelle actualité, et une créativité reconnue. Des études sur d’autres aires géographiques, des Murder ballads à la littérature de Cordel seraient précieuses dans une vision comparative.

Pour faire le point sur « l’état de l’art » en la matière, et croiser les points de vue entre chercheurs et professionnels issus de champs divers (historiens de la justice, des médias, de l’édition ou de l’art, musicologues, spécialistes de la littérature comparée, bibliothécaires, archivistes, conservateurs, etc.), ce colloque se propose d’être un moment d’échanges pour jeter les bases d’un chantier qui tirera de l’ombre ces sources modestes, discrètes – voire même parfois discréditées –, dont l’intérêt va bien au-delà de leur singularité.

Organisation : Jean-François Maxou HEINTZEN et Sophie VICTORIEN (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)

Comité scientifique :
–  Olivier Belin (université de Cergy-Pontoise)
– Romain Benini (université Paris-Sorbonne)
– Jean-Claude Farcy (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)
– Jean-François Maxou HEINTZEN (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)
– Sophie-Anne Leterrier (université d’Artois)
– Gaetano Manfredonia (Bibliothèque de Corrèze)
– Jean-Yves Mollier (université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
– John MULLEN (université de Rouen)
– Philippe Nieto  (Archives nationales de France)
– Philippe ORIOL (Cesacom)
– Anne PASQUIGNON  (BnF)
–  Marc RENNEVILLE (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)
– Sophie VICTORIEN (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)

Partenaires
CLAMOR/CRIMINOCORPUS
BnF
Archives Nationales

Les propositions de communication sont à soumettre avant le 30 novembre 2018 à l’adresse suivante : redaction@criminocorpus.org

Elles comprendront le titre de la communication, un bref résumé (1000 signes maximum) et une courte présentation bibliographique (500 signes maximum).

Les communications retenues par le comité scientifique qui se réunira en décembre 2018 pourront être prononcées en français ou en anglais.

CLAMOR – La lettre d’info n°20

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La lettre d’information n°20 – Mars 2018

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Les Archives nationales ont présenté l’an dernier, du 30 novembre 2016 au 27 mars 2017, à l’Hôtel de Soubise la remarquable exposition « Présumées coupables » qui mettait en perspective le thème du crime au féminin, objet de multiples fantasmes véhiculés depuis toujours par les mythes, la religion, l’iconographie, la littérature, le cinéma, etc. Les visiteurs étaient mis au contact de centaine de pièces de procédure qui leur donnaient une autre vision de cette criminalité et, plus généralement, de la place accordée à la femme dans les sociétés européennes, sur plus de cinq siècles d’histoire à travers cinq archétypes féminins : la sorcière, l’empoisonneuse, l’infanticide, la pétroleuse et la traîtresse. Grâce à un partenariat avec le CLAMOR, la version numérique de cette exposition a été mise en ligne sur Criminocorpus le 8 mars dernier, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. Ce portage en ligne s’inscrit dans le cadre d’un partenariat documentaire particulièrement riche engagé dès la création de l’UMS avec les Archives nationales. Les collaborations nouées grâce à ce partenariat nous permettent, outre la mise en ligne des expositions réalisées par les Archives nationales, de développer différents projets au cœur du musée numérique, notamment autour de HUGO, l’inventaire patrimonial des lieux de jugement et d’exécution des peines. Nous reviendrons dans les prochaines Lettres d’information sur ce projet auquel nous vous proposons de collaborer.
Nous vous souhaitons une bonne lecture et de belles découvertes !

La rédaction.

Lire la lettre d’information.