Rue du Cherche-Midi : 150 ans d’histoire pénitentiaire et de justice militaire (documentaire)

Annoncé lors de l’édition 2018 de la Nuit du droit, ce documentaire réalisé par Hervé Colombani sur une idée originale de Marc Renneville retrace l’histoire d’un site, la rue du Cherche-Midi à Paris, témoin de 150 ans d’histoire pénitentiaire et de justice militaire : de janvier 1800 où furent installés les conseils de guerre de la place de Paris à l’année 1966 où furent démolis les derniers bâtiments de la prison du Cherche-Midi pour permettre la construction de la Maison des Sciences de l’Homme.
À travers différents documents (plans, photos, témoignages et film d’archive), l’historien Jacky Tronel nous retrace l’histoire de ce lieu et des hommes célèbres ou inconnus qui y furent internés.

Voir la vidéo en ligne sur Criminocorpus.

CLAMOR – La lettre d’info n°28

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La lettre d’information n°28 – Mars-Avril 2019

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Notre colloque sur les complaintes criminelles qui s’est déroulé les 2 et 3 avril derniers sur les sites des Archives nationales et de la Bibliothèque nationale de France a été une belle réussite, tant sur le plan scientifique que de la convivialité. L’approche pluridisciplinaire a renforcé la richesse des échanges et les interventions musicales ont permis à beaucoup de découvrir enfin les airs et l’importance de l’interprétation chantée de ces complaintes qui nous apparaissent trop souvent comme des textes figés et répétitifs. Que les absents soient rassurés : le colloque fera l’objet d’une publication dans la revue de Criminocorpus et les musiciens ont été enregistrés. À noter sur les agendas : notre prochaine manifestation labellisée pour les 80 ans du CNRS sera l’exposition « La science à la poursuite du crime. Alphonse Bertillon, pionnier des experts policiers ». Cette exposition organisée par les Archives nationales sera visible du 14 septembre 2019 au 18 janvier 2020, sur le site de Pierrefitte-sur-Seine.

Nous vous laissons découvrir nos dernières mises en ligne. Bonne lecture !
La rédaction.

Lire la lettre du mois de mars-avril 2019.

Colloque : Les complaintes criminelles en France après 1870 : inventaire, problématisation, valorisation d’un corpus méconnu (2/3 avril 2019, Archives nationales, BnF, Paris)

Trois générations marquent l’historiographie récente des canards criminels. Jean-Pierre Seguin, le pionnier, les a tirés de l’ombre au tournant des années 1960, puis, dans les années 1980, en particulier en Bretagne, la recherche sur les « chansons sur feuilles volantes » a connu un grand succès. Enfin, la mise en ligne récente de la base de données « Complaintes criminelles 1870-1940 » sur le site Criminocorpus ouvre un nouveau chantier visant à interroger les derniers soubresauts de cette forme, des débuts de la IIIe République à la Seconde Guerre mondiale. Le propos de ce colloque est de poser les jalons d’une nouvelle approche pluridisciplinaire des complaintes criminelles, qui peuvent être considérées comme des sources auxiliaires à l’histoire des délits et des peines, des pratiques populaires de paralittérature, des médias « alternatifs » avant l’heure ou encore des témoins des goûts musicaux populaires.

Mardi 2 avril 2019
Archives Nationales (site Pierrefitte-sur-Seine)
Grand amphithéâtre

10h – Accueil – Introduction

Faits divers chantés
Présidente de séance : Anne-Emmanuelle DEMARTINI

10h20 – Frédéric CHAUVAUD
L’affaire aux 17 complaintes. Le crime d’Henri Pranzini (1887)
10h45 – Marc RENNEVILLE
Des complaintes à l’image du crime ? L’Affaire Vacher (1897-1898)
11h10 – Sophie VICTORIEN / Pierre GUILLARD
L’affaire Redureau, Le crime de Bas-Briacé
11h35 – Discussions
12h00 – Repas

Complaintes ou chansons ?
Présidente de séance : Éva GUILLOREL

13h30 – Philippe ORIOL
L’Affaire en chansons
13h55 – Jean-Yves MOLLIER
Pleurer les victimes de Panama ou subvertir les institutions
14h20 – Discussions
14h45 – Pause

Écrire des complaintes

15h00 – Claude RIBOUILLAULT
Oralité écrite, littérale ou littéraire ?
15h25 – Nils COUTURIER
« Artiste et assassin » : Jules Laforgue et la complainte criminelle
15h50 – Xavier VIDAL
Complaintes criminelles francophones recueillies en territoire occitan
16h15 – Discussions

Mercredi 3 avril 2019
Bibliothèque Nationale de France Site François-Mitterrand
Petit auditorium

Canards, édition & collections
Présidente de séance : Marlène BELLY

10h – J.F. «Maxou» HEINTZEN
Essai de typologie canardière
10h25 – Philippe NIETO
Le son et l’image
10h50 – Joann ÉLART
Quelques canards et complaintes imprimés à Rouen entre la Révolution et l’Empire
11h15 – Agnès SANDRAS
Pour une « archéologie » comparée des chansons sur les parricides et les infanticides
11h40 – Olivier JUSTAFRÉ
Complaintes criminelles, le cas Bazouge
12h05 – Discussions
12h30 – Repas

Chanter les complaintes
Président de séance : Dominique KALIFA

14h15 – Sophie-Anne LETERRIER
L’air de Fualdès
14h40 – Philippe DARRIULAT
Chanter le crime à l’heure de l’invention des cafés-concerts parisiens sous le Second Empire
15h05 – Pause
15h20 – Marie GOUPIL-LUCAS-FONTAINE
La Complainte de la scène : de la complainte des rues à la chanson réaliste. Héritages, transferts, singularités (1880-1940)
15h45 – Una McILVENNA
Chanter les complaintes criminelles à travers l’Europe
16h10 – Discussions

Durant les deux journées du colloque, au gré des intervenants, des complaintes criminelles seront interprétées – partiellement ou in-extenso – par Catherine Perrier, Roland Brou, Patrick Couton et J.F. «Maxou» Heintzen.

Lieux du colloque :
Mardi 2 avril 2019, le colloque se tiendra aux Archives nationales de France
59 Rue Guynemer, 93383 Pierrefitte-sur-Seine
Grand auditorium
Métro : Saint-Denis Université (Ligne 13)

Mercredi 3 avril 2019, le colloque se tiendra à la
Bibliothèque Nationale de France
Site François-Mitterrand. Quai François Mauriac. Paris 13e.
Petit auditorium
Métro : quai de France (ligne 6) ou Bibliothèque nationale de France (ligne 14)

Entrée libre mais inscription nécessaire auprès de
clamor@criminocorpus.org

Organisateurs : Jean-François «Maxou» HEINTZEN, Sophie VICTORIEN

Comité scientifique : Olivier BELIN (université de Cergy-Pontoise), Romain BENINI (université Paris-Sorbonne), Olivier BOSC (Bnf, Bibliothèque de l’Arsenal), Jean-Claude FARCY (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice), Jean-François Maxou HEINTZEN (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice), Sophie-Anne LETERRIER (université d’Artois), Gaetano MANFREDONIA (Bibliothèque de Corrèze), Jean-Yves MOLLIER (université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), John MULLEN (université de Rouen), Philippe NIETO (Archives nationales de France), Philippe ORIOL (Cesacom), Anne PASQUIGNON (BnF), Marc RENNEVILLE (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice), Sophie VICTORIEN (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)

Ce colloque est organisé par le CLAMOR, en partenariat avec
les Archives nationales de France  et la Bibliothèque nationale de France.
Il a reçu le label 80 ans du CNRS.

CLAMOR – La lettre d’info n°27

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La lettre d’information n°27 – Février 2019

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Nous sommes heureux de vous faire part de nos dernières publications.

Nous vous souhaitons une bonne lecture !

La rédaction.

Lire la lettre du mois de février 2019.

CLAMOR – La lettre d’info n°26

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La lettre d’information n°26 – Janvier 2019

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Toute l’équipe Criminocorpus vous souhaite une belle et heureuse année 2019. Nouvelle année, nouvel élan, nouveaux projets ! Nous aurons plaisir à les partager chaque mois avec vous.

Nous vous souhaitons une bonne lecture.

La rédaction.

Lire la lettre du mois de janvier.

Appel à contributions : L’enfance au tribunal, de l’Antiquité à nos jours

Le juge et l’enfant témoin d’un crime. Huile sur toile, 135 x 107 cm. Coll. part.

Coordination : Martine Kaluszynski et Sophie Victorien

La revue en ligne Criminocorpus appelle à contributions pour un dossier intitulé L’enfance au tribunal. Enjeux historiques, perspectives contemporaines. Il s’agira ici d’observer la réception et le statut de l’enfance au tribunal dès lors que ce dernier délibère sur les implications de la parole, de la culpabilité ou de la victime. Nous écartons donc ici l’étude des logiques éducatives et répressives qui ont fondé le statut spécifique des mineurs dans notre histoire contemporaine, pour mieux étudier sur la longue durée historique le comportement des instances d’enquête et de jugement face aux enfants. L’histoire de l’excuse de minorité et des statuts reconnus à l’âge sont au cœur de la thématique mais sont également attendus tous les travaux visant l’évaluation circonstanciée liée à l’enfance des acteurs. Nous évoquons ici, sans caractère exhaustif :

  • L’excuse de minorité ou d’âge
  • Débats et controverses autour de la question de la responsabilité
  • La réception aggravante des offenses faites aux enfants
  • L’évaluation de la culpabilité enfantine
  • Les conflits avec la parentalité justicière
  • Les logiques du pardon et de l’oubli
  • La valeur du témoignage juvénile dans la recherche de la vérité
  • Les actes de procédures adaptés, l’accompagnement socio-judiciaire et l’évolution vers une justice spécialisée

Le dossier a pour objectif de former un premier socle – études de cas analysés ou travaux ayant une portée générale – investissant une histoire de la présence des enfants dans les tribunaux en France mais également à l’étranger.

Date limite de soumission des propositions (3000 signes maximum + présentation de l’auteur) : 28 février 2019.

Date limite d’envoi des articles après acceptation de la proposition : 15 juin 2019.

Les travaux remis seront soumis à l’évaluation en double aveugle : https://criminocorpus.revues.org/290

Les conseils aux auteurs sont disponibles en cliquant sur le lien suivant : https://criminocorpus.revues.org/93

Les propositions doivent être envoyées à l’adresse suivante : redaction@criminocorpus.org

CLAMOR – La lettre d’info n°25

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La lettre d’information n°25 – Novembre 2018

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L’équipe Criminocorpus a le plaisir de vous informer de ses dernières mises en ligne.

Nous vous souhaitons une bonne lecture !

La rédaction.

Lire la lettre du mois de novembre.

CLAMOR – La lettre d’info n°24

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La lettre d’information n°24 – Octobre 2018

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Le mois d’octobre a été marqué pour l’équipe du CLAMOR par l’organisation de notre deuxième journée d’étude qui proposait pour cette année des « regards croisés sur le patrimoine judiciaire ». Cette journée a permis de faire le point sur les travaux en cours.
Notre outil collaboratif HUGO est désormais bien lancé avec plus de 370 lieux de justice géolocalisés. Nous ne demandons qu’à ouvrir de nouveaux lieux, comme la récente fiche sur Gurs, qui fut un camp d’internement. N’hésitez donc pas à prendre contact avec l’équipe pour envoyer vos informations.

La journée du 4 octobre s’est poursuivie en début de soirée avec la Nuit du droit dans le grand hall de la maison de sciences de l’homme à Paris. Cette manifestation a permis aux personnels et aux visiteurs de découvrir une exposition sur l’histoire de la justice, et sur l’histoire du site qui compte 150 années d’histoire judiciaire et pénitentiaire. Nos remerciements vont tout particulièrement à Jean-François « Maxou » Heintzen pour l’interprétation des complaintes, à Jacky Tronel pour l’histoire du site et à Philippe Oriol pour son intervention sur la détention du capitaine Dreyfus à la prison du Cherche-Midi.
Nous avons le grand plaisir d’accueillir ce mois-ci dans la revue la première tranche des actes d’un très beau colloque international qui avait mêlé musicologie et concerts. L’événement avait résonné à Rouen et bien au-delà. La première partie des interventions de « Rock et violences en Europe (1955-1990) » est désormais en ligne. D’autres articles suivront en novembre.

Enfin, n’oubliez pas de découvrir sur le blog nos « Portrait-du-jour » !

Bonne lecture !

La rédaction.

Lire la lettre du mois d’octobre

Séminaire Histoire de la justice et patrimoine judiciaire (2018-2019)

Le séminaire « histoire de la justice et patrimoine judiciaire » porte deux axes de réflexion. Le premier consiste à explorer des affaires criminelles dans leurs dimensions judiciaires, médiatiques et littéraires. On s’intéressera notamment à la fabrique de la conviction judiciaire à partir des éléments matériels produits par l’enquête. Pièces de procédure, sources policières et imprimés seront confrontés pour saisir le processus aboutissant à une décision de justice, que celle-ci soit consensuelle ou contestée par les lectures médiatiques ou littéraires. Une attention particulière sera portée aux sources et à leur interprétation.

Le deuxième axe questionne la notion de patrimoine judiciaire, son extension (patrimoine matériel, immatériel) et ses recoupements avec d’autres domaines (patrimoine scientifique, patrimoine numérique). Cette notion sera appréhendée par les savoirs, les pratiques et les mémoires des lieux de justice (de jugement et d’exécution des peines), par les sources de leur histoire, par les modalités de leur valorisation (accès public, dispositifs numériques) et les usages sociaux de ce patrimoine sombre.

Responsable : Marc Renneville (centre A. Koyré UMR 8560, Clamor UMS 3726)

Horaires : Les séances se dérouleront le lundi de 14 à 16h aux dates suivantes : Lundi 5 novembre 2018, 26 novembre 2018, 14 janvier 2019, 11 mars, 1er avril et 13 mai.

Lieu : Maison des Sciences de l’Homme, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris, salle B01-18

Programme indicatif des séances 2018-2019 :

Lundi 5 novembre 2018, 26 novembre 2018 et 14 janvier 2019 : l’affaire Joseph Vacher (1896-1899)

Lundi 11 mars  2019 : La prison militaire du Cherche-Midi (intervenants : Cécilia Rouilly et Jacky Tronel)

Mardi 2 avril : Les complaintes criminelles sur l’affaire Vacher (colloque sur les Complaintes criminelles)

Lundi 13 mai 2019 : Les images dans l’affaire Vacher (avec Hervé Colombani, sous réserve)

Modalité d’accès : Ce séminaire est particulièrement destiné aux étudiants porteurs d’un projet de recherche. Il est ouvert à tout participant moyennant inscription préalable auprès de l’enseignant (marc.renneville[at]cnrs.fr). Une validation pédagogique est possible selon les cursus. Elle doit être déterminée au moment de l’inscription

Colloque : Les complaintes criminelles en France après 1870 : inventaire, problématisation, valorisation d’un corpus méconnu

Appel à communication pour le colloque : Les complaintes criminelles en France après 1870 : inventaire, problématisation, valorisation d’un corpus méconnu
(2-3 avril 2019, Archives nationales, BnF, Paris)

La complainte criminelle – au sens strict du terme, un texte chanté narrant dans un but informatif et/ou édifiant les détails d’un authentique fait divers criminel – s’inscrit dans une histoire longue, depuis les occasionnels du XVIe siècle, jusqu’aux « Canards sanglants » du premier XIXe siècle. Autrefois tiré de l’oubli par des collectionneurs, ou des érudits, ce type d’éphémère est l’objet d’une attention par trop occasionnelle.

Trois générations marquent l’historiographie récente des canards criminels. Jean-Pierre Seguin, le pionnier, les a tirés de l’ombre au tournant des années 1960, puis, dans les années 1980, en particulier en Bretagne, la recherche sur les « chansons sur feuilles volantes » a connu un grand succès. Enfin, la mise en ligne récente de la base de données « Complaintes criminelles 1870-1940 » sur le site Criminocorpus ouvre un nouveau chantier visant à interroger les derniers soubresauts de cette forme, des débuts de la IIIe République à la Seconde Guerre mondiale.

Le propos de ce colloque est de poser les jalons d’une nouvelle approche pluridisciplinaire des complaintes criminelles,  qui peuvent être considérées comme des sources auxiliaires à l’histoire des délits et des peines, des pratiques populaires de paralittérature, des médias « alternatifs » avant l’heure ou encore des témoins des goûts musicaux populaires.

Les contributions pourront s’inscrire dans les axes thématiques et les questionnements suivants :

1) La définition du corpus
Il s’agit d’interroger la définition de la complainte criminelle donnée supra, d’aller au-delà du crime au sens pénal du terme, et de l’étendre à tout texte chanté traitant d’un évènement « criminalisé », i.e. perçu comme tel ? Pensons à certaines catastrophes industrielles, aux scandales politico-financiers, ou l’expression du militantisme, en particulier anarchiste.

2) L’inventaire des « canards » conservés dans les collections publiques
Entre archives et bibliothèques, le classement, le catalogage, l’indexation des éphémères est multiple. Réunis en recueils factices ici, disséminés dans des fonds d’érudits là, rattachés ou non aux fonds musicaux ailleurs, leur traque est un travail de longue haleine. Quelle logique a guidé leur classement ? Comment rendre plus aisée la recherche des « canards » et les valoriser ?

3) La singularité médiatique des complaintes
La forme chantée inscrit ce matériau dans une sociabilité musicale et des circulations de répertoires, de l’édition au for privé, des feuilles volantes aux cahiers de chansons. La complainte, de ce fait, suit les goûts populaires. Ses mutations, qu’elles soient formelles ou musicales n’illustrent-elles pas les avatars des répertoires appréciés, consommés ou pratiqués, de la rue au caf’conc’ ? Deux approches mériteraient d’être valorisées : L’étude musicologique du répertoire (L’occurrence des timbres choisis, l’évolution formelle des complaintes, etc.) et la pratique effective du chant des complaintes, hier et aujourd’hui.

4) Les liens de la complainte à l’image
Parmi tous les codes sémantiques utilisés par le canard, véritable média préfigurant l’audio-visuel, l’iconographie complète, paraphrase, illustre la complainte. Du bois gravé au cliché typographique jusqu’à la photographie, l’image, par sa créativité ou son réemploi n’est-elle pas une clé pour apprécier la réception d’un chant quasi indissociable d’un visuel ?

5) Les aspects linguistiques et littéraires de la complainte
La nature de la langue employée est relativement ambiguë. Le corpus n’est pas homogène : il réunit des chansonniers parisiens maniant le double sens, les textes à clefs, ou un humour vachard, avec des chanteurs ambulants à la syntaxe approximative, au style parlé, tentant maladroitement de s’approprier des codes d’écriture parfois un peu sophistiqués pour eux. Il serait intéressant également de se pencher sur l’usage des langues régionales et du patois dans les complaintes criminelles afin d’en mesure l’importance, l’usage et l’appropriation à une échelle plus locale.

6) L’approche éditoriale des complaintes
Le manque de détails éditoriaux sur les complaintes criminelles. Quels en sont les auteurs ? Qui les édite ? À quelle date ? Qui les vend ? Comment s’organise la production et la diffusion d’un média qui échappe régulièrement au dépôt légal ?

7) La dimension internationale de la complainte criminelle
Un peu partout à travers le monde, du Brésil à l’Inde, ce répertoire est attesté, jusqu’à posséder encore aujourd’hui une réelle actualité, et une créativité reconnue. Des études sur d’autres aires géographiques, des Murder ballads à la littérature de Cordel seraient précieuses dans une vision comparative.

Pour faire le point sur « l’état de l’art » en la matière, et croiser les points de vue entre chercheurs et professionnels issus de champs divers (historiens de la justice, des médias, de l’édition ou de l’art, musicologues, spécialistes de la littérature comparée, bibliothécaires, archivistes, conservateurs, etc.), ce colloque se propose d’être un moment d’échanges pour jeter les bases d’un chantier qui tirera de l’ombre ces sources modestes, discrètes – voire même parfois discréditées –, dont l’intérêt va bien au-delà de leur singularité.

Organisation : Jean-François Maxou HEINTZEN et Sophie VICTORIEN (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)

Comité scientifique :
–  Olivier Belin (université de Cergy-Pontoise)
– Romain Benini (université Paris-Sorbonne)
– Jean-Claude Farcy (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)
– Jean-François Maxou HEINTZEN (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)
– Sophie-Anne Leterrier (université d’Artois)
– Gaetano Manfredonia (Bibliothèque de Corrèze)
– Jean-Yves Mollier (université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
– John MULLEN (université de Rouen)
– Philippe Nieto  (Archives nationales de France)
– Philippe ORIOL (Cesacom)
– Anne PASQUIGNON  (BnF)
–  Marc RENNEVILLE (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)
– Sophie VICTORIEN (CLAMOR, CNRS-ministère de la justice)

Partenaires
CLAMOR/CRIMINOCORPUS
BnF
Archives Nationales

Les propositions de communication sont à soumettre avant le 30 novembre 2018 à l’adresse suivante : redaction@criminocorpus.org

Elles comprendront le titre de la communication, un bref résumé (1000 signes maximum) et une courte présentation bibliographique (500 signes maximum).

Les communications retenues par le comité scientifique qui se réunira en décembre 2018 pourront être prononcées en français ou en anglais.