La collection Philippe Zoummeroff

La collection Philippe Zoummeroff représente le plus important fonds privé francophone en libre accès sur l’histoire de la justice.
Elle couvre les périodes du XVIe au XXe siècle et est constituée de pièces d’archives et d’imprimés rares, de gravures, de manuscrits inédits, de correspondances, d’affiches, de complaintes et de photographies. Au total plus de 6000 images et près de 48 heures d’entretiens vidéos relatifs à la justice et à son histoire.

Depuis 2014, Criminocorpus s’est vu confier par Philippe Zoummeroff,  la diffusion, la valorisation et la conservation à long terme de ce fonds exceptionnel.
Prisons, surveillant, gardien, bagne, collection Philippe ZoummeroffCette collection va progressivement s’enrichir en 2017 de plus d’un millier de documents que nous avons été autorisés à photographier à l’Hôtel Drouot juste avant  leur vente aux enchères, le 9 décembre 2016.

Biribi, collection Philippe Zoummeroff
Couverture de l’ouvrage : A Biribi. Comment j’ai passé trois ans sous la trique des chaouchs

Pour en savoir plus sur cette collection, lire l’article sur Criminocorpus.

Voir également la vidéo : Philippe Zoummeroff, une collection pour la recherche. Entretien réalisé en décembre 2016.

Accéder à la collection.

Hugo. Une recherche participative sur le patrimoine judiciaire

HUGO. L’outil numérique au service du patrimoine judiciaire est un projet visant le récolement et la valorisation des données portant sur le patrimoine judiciaire et pénitentiaire français. Son objectif est d’initier un large panorama ouvert à tout type d’édifice judiciaire afin de cerner les similitudes et les spécificités de chaque lieu.

Cette recherche a reçu le soutien de la Mission de recherche Droit et Justice. Elle est réalisée en partenariat avec les Archives nationales, la région Normandie, le centre d’histoire judiciaire de Lille, le ministère de la Justice et le CNRS. (Financement 24 mois – 2016-2018- GIP Justice)

Un outil collaboratif

Construit dans un cadre interdisciplinaire avec des ­archivistes, des historiens et historiens de l’art, l’interface Hugo permettra de collecter les ­éléments architecturaux, culturels, matériels (objets) et immatériels (traces du quotidien, graffitis…) qui constituent le ­patrimoine ­judiciaire de la France, de les décrire et de les géolocaliser.
Initié dans le cadre d’un partenariat avec la région Normandie, cet inventaire du patrimoine judiciaire de la France est réalisé en collaboration avec les Archives nationales de France. Il est ouvert à toute institution souhaitant participer au projet.

… pour une recherche participative

L’outil numérique s’ouvrira à mi-projet à une participation publique. Il s’agira d’offrir la possibilité à chaque ­citoyen, qu’il soit spécialiste, acteur de terrain ou passionné, de contribuer au recueil de données. Via un formulaire en ligne, les informations  ou images collectées pourront, après validation, être intégrées à la base de données.

Projet coordonné par Marc Renneville et Sophie Victorien.

Suivre l’actualité du projet sur le compte Twitter HUGO

 

« Chez les experts ». Un documentaire sur la mémoire du service de l’identité judiciaire

Analyse de document (ca1960). Coll. Zoummeroff
Police scientifique. Analyse de document. Coll. Zoummeroff

Ce projet initié par Pierre Piazza consiste à réaliser un documentaire (en cours de production) visant à mettre en lumière les logiques actuelles de fonctionnement du SRIJPP au regard de celles instituées par le créateur de ce service – Alphonse Bertillon – en 1893 lorsqu’il a créé le premier service de l’ identité judiciaire. Il mettra l’accent sur les évolutions des pratiques depuis la création du service mais aussi, les héritages. Il s’agit de recueillir, préserver et valoriser la mémoire des pratiques professionnelles attachées à une implantation séculaire au sein du Palais de justice de Paris.

Chaise à portrait judiciaire
Chaise à portrait judiciaire

Le documentaire mettra en évidence ce que doivent toujours les savoirs et pratiques identificatoires de ce service (signalisation, dactyloscopie, scènes de crime, etc.) à celui qui a activement participé à l’institutionnalisation de la police technique et scientifique à travers le monde.

Il  s’attachera à expliquer l’importance de ce phénomène en filmant des responsables du SRIJPP qui – pour beaucoup passionnés d’histoire – expliqueront en quoi les apports de Bertillon s’avèrent toujours décisifs dans leur travail quotidien,  des historiens spécialistes du Bertillonnage  ainsi qu’un descendant de la famille Bertillon.

La bertillonne. Petite malle portative de Bertillon (1909)

Des objets anciens dont dispose le SRIJPP (fiches d’identification, mallette de signalisation élaborée par Bertillon, appareils photographiques, publications et sculpture de Bertillon, etc. ), plans et albums photographiques anciens permettant de restituer les modes de fonctionnement du Service de l’Identité judiciaire fin XIXe siècle/début XXe siècle ainsi que de l’iconographie publiée dans la presse illustrée de la fin du XIXe siècle/début XXe siècle (fond de collection particulier de Pierre Piazza)  viendront illustrer ce tournage réalisé dans les locaux historiques, là-même où Bertillon avait installé son atelier.

Ce documentaire sera accessible dans le Musée Criminocorpus courant 2017.

Projet proposé et suivi par Norbert Fleury (SRIJPP) sous l’autorité et avec l’appui de Xavier Espinasse (commissaire divisionnaire, chef du SRIJPP de Paris) et Pierre Piazza (membre correspondant du CLAMOR).
Réalisation : Hervé Colombani

 

 

 

Au tribunal

Fruit d’une coopération ancienne entre Criminocorpus et le groupe de recherche « Corpus Justice » de Sciences Po, « Au tribunal » est le résultat d’un projet collectif associant étudiants, enseignants, chercheurs et professionnels du droit et de la justice financé par l’USPC et mené par Science Po et le CLAMOR de juin 2015 à juin 2016. Cette nouvelle rubrique du musée vous invite à entrer au tribunal pour découvrir l’histoire d’un lieu de justice, sa fonction symbolique et politique, ses « grands procès » mais aussi le rôle des différents acteurs dans la procédure pénale ou le déroulement d’un procès d’assises.
Au Tribunal vous propose une visite virtuelle du Palais de justice de Paris, de nombreux témoignages croisés des différents acteurs de la Cour d’Assises, une variété de ressources sur les Grands procès qui s’y sont tenus ainsi qu’un module pédagogique sur le droit et la procédure pénale.

En savoir plus sur le projet et accéder à la visite.

Ouverture du Musée d’histoire de la justice, des crimes et des peines

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Le CLAMOR lance un nouveau Musée, exclusivement numérique sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines.

Aux origines du Musée : Criminocorpus

Produit à l’initiative de la communauté scientifique, ce musée est issu d’une longue coopération originale entre chercheurs, ­archivistes, documentalistes et collectionneurs. Il prend appui sur l’intense activité de publications et de recherches menées depuis 10 ans autour du programme Criminocorpus.

Des bagnes aux tontons flingueurs, des faux-monnayeurs au Moyen Âge aux rebelles face à la justice, du code civil à l’ordonnance du 2 février 1945 relative à la justice des mineurs, de la criminologie à la peine de mort… ­Criminocorpus est devenu en dix ans une plateforme de référence du web scientifique en mettant articles et ressources documentaires à la disposition des ­étudiants, des enseignants, des chercheurs, des praticiens et des journalistes.

Un musée gratuit et librement accessible

En recomposant ses contenus sous la forme d’un musée, Criminocorpus entend poursuivre ses missions d’édition et de recherche tout en s’adressant à un plus large public afin de contribuer à une meilleure connaissance partagée de l’histoire ­méconnue de la justice, des crimes et des peines. Le Musée est régi par le ­CLAMOR (Centre pour les humanités numériques et l’histoire de la justice), une unité mixte de service placée sous la double tutelle du CNRS et du ministère de la Justice.
Librement accessible et totalement gratuit, le Musée présente à son ouverture un éventail de ressources numériques sans équivalent pour explorer la justice et son histoire.
Le site est organisé en cinq rubriques proposant des expositions thématiques ­(prisons, bagnes, peine de mort, art et justice), des visites de lieux de justice, des collections d’objets et de documents, des repères juridiques et chronologiques ainsi que des outils, instruments d’étude et de recherche. Le Musée ouvrira d’ici quelques mois un inventaire du patrimoine des lieux de justice auquel chacun ­pourra participer par la transmission d’informations, de photographies ou de documents.

Télécharger le dossier de presse.
Voir la vidéo de présentation du musée
Visiter le musée.

Exposition : Histoire du droit pénal au Japon (18ème – Début 20ème siècle)

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Hikimawashiedo
Parcours hikimawashiedo Ezu (1849) BN du Japon. Ligne rouge tracée par Maki Fukuda

Si le Japon est considéré aujourd’hui comme le pays « transcendant le clivage Orient-Occident », l’occidentalisation de ce pays d’extrême orient n’a débuté qu’avec l’ère Meiji, vers 1868. C’est à cette époque que s’achève l’ère Edo (1603-1867) – le shôgunat – dont le pouvoir est incarné par les samouraïs (chefs des guerriers). Le pouvoir est alors restitué à l’Empereur qui établit un nouveau gouvernement moderne et le dote d’institutions prenant exemple sur les pays d’Occident. Cette transition appelée la « Restauration de Meiji » est considérée par les Japonais comme un grand événement, équivalent à la Révolution française. C’est la raison pour laquelle l’époque avant Meiji est aussi appelée, l’« Ancien Régime » japonais.

Afin de reformer l’État, les acteurs du nouveau mouvement de Meiji font appel à des savants étrangers. Dans le domaine de la législation, Gustave Boissonade, professeur agrégé en droit de l’Université de Paris, ainsi que d’autres juristes, se rendent sur place et collaborent avec le pouvoir en place. Gustave Boissonnade est ainsi à l’origine de la rédaction du premier code pénal du Japon. Pourtant, durant l’« Ancien Régime » (de 1639 jusqu’en 1853),  le Japon avait exclu presque tous contacts avec les pays occidentaux afin de se préserver du christianisme, n’autorisant des échanges qu’avec de rares pays comme la Chine, la Corée et les Pays-Bas, qui n’avaient aucune intention d’exporter leur religion.

Au XVIIIe siècle en France, le Japon est ce «  pays derrière le rideau mystérieux » qui semble très étrange : c’est cette représentation qui est évoquée notamment dans De l’Esprit des lois (1748) de Montesquieu. Mais de nos jours, plusieurs travaux récents sur l’histoire du droit pénal au Japon analysent cette époque dans un cadre foucaldien, c’est-à-dire, de l’« éclat de supplice » à la « surveillance ».[3].

Dans cette exposition, nous présenterons l’histoire du droit pénal au Japon depuis le XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle, c’est-à-dire depuis le règne des Tokugawa jusqu’à l’établissement du droit pénal moderne.

Mise en ligne : Jean-Lucien Sanchez.
Projet terminé.